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Les doutes et la création de contenu (sur Internet)

Malgré les doutes que cela peut engendrer, la création de contenu permet de laisser une trace dans le monde, d’impacter la vie des gens*. Divertissement, éducation, proposition de services : il existe des plateformes et des formats permettant à chacun de s’exprimer, de créer, et de partager avec les autres.

A lire : La difficulté de tisser des liens avec les autres.

J’ai mis Internet entre parenthèses car bien qu’à notre ère numérique la création de contenu soit souvent dématérialisée (articles de blogs, réseaux sociaux, formations en lignes, e-books, etc.), le monde physique continu d’exister et les doutes sont valables dans les deux cas.

Quelque soit le support, lorsqu’on crée du contenu, il y a un moment où nous sommes confrontés à des peurs, des angoisses, et des doutes quand au fait de partager notre création. Dans l’article d’aujourd’hui, nous allons voir les origines de ces doutes et comment y remédier.

*à une échelle plus ou moins grande.

Moment de réflexion, stylo en main et main posée contre la joue, avant de se mettre à écrire.
Je ne sais pas si c’est lié au sujet du jour, mais j’ai eu du mal à écrire cet article

Et si ce que je fais n’est pas bon ?

Alors. Plusieurs choses :

  1. Qu’est-ce que vous voulez dire par « pas bon » ?
  2. « Pas bon » pour qui ?

Qualité du contenu

Il est normal de s’inquiéter de la qualité d’une création, que ce soit un dessin ou une recette de cuisine, si on prévoit de la partager. C’est preuve que ce que vous produisez a de l’importance à vos yeux – sinon, vous ne vous poserez pas la question.

Si par « pas bon » vous voulez dire d’un point de vue de mise en forme, de mise en page, la solution est simple : allez voir comment font les autres dans le domaine qui vous intéresse et inspirez-vous en. Si, par exemple, vous souhaitez écrire des chroniques littéraires, il faut en lire un minimum.

Vous pouvez donc, par exemple, lire cette chronique – écrite par mes soins – du roman Baby Doll de Hollie Overton.

Si vous estimez que votre création n’est pas aboutie, qu’elle n’est pas bonne car elle ne vous plaît pas, vous pouvez recommencer. Rien ni personne ne vous en empêche. Prenez garde seulement à ne pas tomber dans le jeu du perfectionnisme où vous « travaillez » sur votre création pour retarder le moment où vous allez la montrer au reste du monde.

Il faut savoir dire : « j’ai fini ».

Légitimité du créateur

Vous connaissez ce fameux syndrome de l’imposteur. Mais si, celui qui nous fait douter de nos compétences. Celui qui écrase notre confiance en nous avec des remarques du style : « est-ce que je suis la mieux placée pour parler de ça ? » « est-ce que les conseils que je donne sont vraiment utiles ? » « et si quelqu’un dit que je n’ai pas l’expérience suffisante pour parler de tel sujet ? »

Exemple concret : je tiens un blog littéraire sur lequel je donne des conseils d’écriture.

Je ne suis pas encore autrice. Je ne détient pas de diplôme disant que je suis docteur ès lettres. Mais j’écris quand même ces articles et je donne ces conseils car cela me plaît, et je prends plaisir à le faire. Bien entendu, je fais des recherches lorsqu’il s’agit d’articles comme comment écrire une nouvelle – je ne vais pas inventer des règles d’écriture.

Pour d’autres articles, les conseils donnés sont plus des traces de mon parcours, de mon évolution. Il ne s’agit pas de vérité absolue. D’ailleurs, si après un moment je constate qu’ils sont devenus obsolètes, eh bien, je peux les mettre à jour ou écrire de nouveaux articles. Aussi simple que ça.

A lire : comment trouver une idée de roman.

Je vous conseille la lecture d’un article du blog Carnet Pétillant : « La légitimité en tant que créateur de contenu » – qui parle de construire sa légitimité lorsqu’on crée du contenu.

Un dernier mot avant de passer au point suivant, pour ce qui est de faire des recherches : je suis d’avis que nous sommes libres d’aborder les sujets que nous voulons, mais pour les sujets très techniques, il vaut mieux laisser la parole à des experts qui travaillent dans le milieu ou ont des années d’expérience derrière eux.

Et si les gens n’aiment pas ce que je fais ?

Dear friend, il est impossible de plaire à tout le monde.

Même au sein d’une communauté certaines personnes n’aimeront pas ce que vous produisez. Pas forcément par malice; parfois on n’aime pas le contenu d’une personne sans pouvoir le justifier.

Ce n’est pas grave. D’autres personnes aimeront.

Pour ce qui est des retours négatifs, ils peuvent être positifs. Je m’explique : on ne peut pas plaire à tout le monde, certes, mais le ressenti et les impressions des autres sont à prendre en compte. Les critiques sont utiles. Il peut s’agir de corrections à apporter, d’erreurs à rectifier. Ou encore de suggestions pour améliorer notre contenu. Il faut tirer des leçons des retours négatifs.

Pour ce qui est de la méchanceté gratuite – je touche du bois parce que jusqu’à présent de ce côté là je suis chanceuse – il faut ignorer. « Plus facile à dire qu’à faire » me direz-vous. C’est vrai. Mais c’est comme ça : il y a des personnes qui chercheront à vous décourager par leurs propos, et il faut faire face.

Moment d'écriture, grande concentration.
Aller, on s’y met !

Et si personne ne me remarque ?

La peur d’être invisible : « Et si ce que je fais n’intéresse personne ? » « Et si les gens s’en fiche ? » …

Vouloir que son travail soit reconnu et apprécié est normal. Cela ne fait pas de nous une mauvaise personne, ou quelqu’un d’égocentrique. En créant du contenu, on le fait pour soi, mais aussi un peu pour les autres : pour partager des expériences, donner des conseils, aider à exprimer des émotions.

La visibilité

Internet propose beaucoup de contenu, sous toutes les formes et sur toutes sortes de plateformes. De quoi s’y perdre. Dans ce cas, comment faire pour se distinguer ?

Identité de marque, branding, SEO et référencement, stratégie pour les réseaux sociaux – vous trouverez quantité de conseils en vue de rendre vous rendre unique et de plaire à votre public cible.

Attention tout de même à ne pas créer du contenu dans l’unique but de plaire aux autres. Ne vous inventez pas une vie, ne prétendez pas être quelqu’un que vous n’êtes pas. Créez du contenu qui vous plaît avant tout.

La compétitivité

J’ai moins de doutes et d’angoisses depuis que je ne vois plus la création de contenu comme une compétition.

Vouloir s’améliorer est bien. Vouloir générer du trafic, des vues, et des interactions donne un objectif et n’est pas mal.

Mais vouloir être « la meilleure » ne veut pas dire grand-chose, et en plus, à mon avis, c’est source d’encore plus de stress. Une fois au sommet de cette pyramide de valeur imaginaire il y a la peur de perdre sa place : « et si les gens n’aiment plus ce que je fais » « et si j’ai envie d’aborder un sujet important pour moi mais que ça ne plaît pas à mon audience ? ».

Au delà de ça, voir les autres comme une compétition, et non comme des alliés auprès desquels s’inspirer, rend la création terriblement solitaire. Il est plus agréable de progresser avec les autres. Non ?

Lorsque j’écris un article pour le blog, lorsque j’écris pour un projet, lorsque je crée, je vise à m’améliorer. Je me concentre sur le fait de créer un contenu de qualité qui pourra aider, divertir, et/ou inspirer les autres.

Créer du contenu nous confronte à des doutes, que ce soit par rapport à notre légitimité ou aux regards des autres. Il faut apprendre à se faire confiance. Avoir confiance en ses capacités, avoir confiance en la qualité de son travail. Il faut faire face à nos insécurités – ou les esquiver en faisant mine de ne pas les voir.


Pin : Les doutes lorsqu'on crée du contenu (sur Internet).

J’ai conscience que partager ses doutes n’est pas facile, mais si vous en avez envie, n’hésitez pas à le faire en commentaires 🙂 Est-ce que ça vous stresse de montrer vos créations à d’autres personnes, ou est-ce que vous n’y pensez pas à deux fois ?

Salutations ! Je suis Axelle, étudiante en Lettres Classiques, blogueuse littéraire créatrice et rédactrice de l'Alcôve aux histoires. Rêve et objectif : devenir autrice et vivre de ma plume.

6 commentaires

  • Carnet Pétillant

    Hello,

    Très bon article !

    Je pense que partager ces propres doutes rend plus forts. Même si c’est compliqué, c’est un processus qui en vaut le peine. J’ai aussi décidé de le faire sur mon blog.

    Ps : merci de m’avoir citée 🙂

  • Enirtourenef

    Je ne sais pas trop si je me traîne un syndrome de l’imposteur mais toujours est-il que je me dis souvent que si je ne fais pas de recherches pour mes articles (comme celui sur l’humour, par exemple, que j’ai sorti y a pas longtemps) eh bien mon avis ne sera pas assez étoffé, pas assez intéressant, et que les lecteurs n’en ressortiront rien ou pas grand-chose. Je trouve que les recherches sont, comme tu dis, vraiment nécessaires quand on parle de sujets techniques.

    C’est vrai, on ne peut pas plaire à tout le monde, et il y aura toujours des gens pour critiquer ! Il y a à ce propos une petite histoire très révélatrice. C’est l’histoire de l’homme, de la femme et de la mule.
    Il était une fois, un homme, une femme, et une mule. Tout trois traversaient un village. L’homme était assis sur la mule et la femme marchait à côté. Les promeneurs disent « roooh ! tout de même, pauvre femme, il pourrait la laisser monter à sa place par galanterie ! ». Les trois voyageurs reviennent et passent une troisième fois dans le village. Cette fois, la femme monte la mule et c’est l’homme qui marche à côté. Les promeneurs disent : « roooh ! tout de même ! en voilà un qui se laisse diriger par sa femme ! alors qu’en plus il y a bien de la place pour deux, sur cette mule ! ». Les trois voyageurs passent une troisième fois dans le village. L’homme et la femme sont montés sur la mule. Les villageois disent : « roooh ! tout de même ! pauvre bête, ils sont beaucoup trop lourds pour elles ! ils pourraient marcher un peu pour la soulager ! ». Lors de leur quatrième passage, les trois voyageurs marchent chacun pour eux-mêmes : l’homme et la femme marchent à côté de la mule. Les villageois disent : « roooh ! tout de même ! ne sont-ils pas bêtes de marcher alors qu’ils pourraient monter sur le dos de leur mule ! ».
    Très tôt, dès le collège, j’ai capté qu’on ne pouvait pas plaire à tout le monde. Je n’ai appris cette histoire que cette année, mais je la refourgue à qui veut bien m’entendre la raconter !

    Je n’ai jamais publié mes textes sur un forum, du moins pas les textes sérieux, et ce n’était que sur un forum que j’avais créé et en petit comité, je me sentais donc en sécurité. Sur un ancien blog j’avais posé un texte long mais je crois que j’ai fini par le supprimer assez vite.

    • Axelle Caneli

      Je ne connaissais pas du tout cette histoire ! Mais oui, quoiqu’on fasse ce ne sera jamais la bonne chose à faire; quelqu’un y trouvera forcément quelque chose à en redire. Donc autant faire les choses comme elles nous conviennent le plus x)

      Publier des textes sur internet fait un peu peur: jusqu’à aujourd’hui avec ce blog, je n’avais jamais posté de textes originaux. Que ce soit sur Wattpad ou autre part, j’avais peur – pas tant du jugement des autres, que du plagiat ^^’

      • Enirtourenef

        Si tu as peur du plagiat, oublie Wattpad et va sur MonBestSeller.com. Dans mon souvenir tu publies ton texte en PDF donc on peut pas faire de copier/coller et en plus se trouvent que des auteurs sérieux (en gros, ton texte ne sera pas mélangé avec les fanfictions des filles de 12 ans qui écrivent sur les One Direction haha xP). Par contre ce qui m’avait fait reculer c’est que tu ne peux pas publier sous pseudo, tu es obligée d’utiliser ton nom.

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