Scriptorium

Préparer l’écriture de son roman

Cette année, comme vous le savez, j’ai commencé à travailler sur mon second manuscrit. Dans l’article d’aujourd’hui, je vous propose de découvrir mon organisation pour préparer l’écriture de ce roman. Dans mon bilan du mois dernier, j’avais dit que je commencerais l’écriture du premier jet le premier mai. Oui, mais voilà…

Le lendemain en consultant mes mails je trouve la notification d’un nouvel article intitulé « Masterclass d’écriture en ligne » . Elodie, du blog L’Envolée, y présente trois masterclasses d’écriture auxquelles elle a participé. Je décide donc d’aller jeter un œil.

Faites un tour sur le blog d’Elodie : L’Envolée

Celle qui a retenu mon attention s’appelle « Créer une histoire de l’idée au synopsis » . Elle est proposée par Ingrid, du blog Grass For Pillow, et est offerte pendant le confinement. La gratuité m’a attiré, évidemment, mais la description – que je vous mets juste après – m’a aussi intéressé. D’ailleurs, je suis sincèrement contente d’avoir pris le temps de suivre cette masterclass, même si ça m’a mis en retard. Je vous en dit plus dans le point « Faire un planning ».

Allez voir ce que propose l’école d’écriture d’Ingrid : J’écris un roman.

Description de la masterclass : « La masterclass Créer une histoire de l’idée au synopsis te permettra, à partir d’une idée de roman, de trouver des idées, de t’inspirer, de structurer ton intrigue, jusqu’à aboutir au synopsis de ton roman ! »

Pin : "Préparer l'écriture de son roman"

I. L’idée

Exemple type : Machin veut Quelque Chose mais Tel Problème l’en empêche.

Bon, si vous n’avez pas d’idée pour commencer, je vous conseille la lecture de cet article : Comment trouver une idée de roman ?

Pour ce projet, l’idée m’est venue en novembre de l’année dernière. Comme à mon habitude, je faisais les cent pas dans ma chambre en écoutant de la musique. Mon esprit courait dans tous les sens.

Mes rêveries sont souvent liées à la danse. J’imaginais là une exposition dans un musée. Les danseuses seraient immobiles sur des socles, comme des statues. Puis, la musique aidant, j’ai visualisé une scène : un château plongé dans l’obscurité et des danseuses courant dans un long couloir. Trois coup sourds résonnent. les danseuses s’immobilisent, une lumière surnaturelle illumine l’intérieur du château. Les jeunes femmes tiennent la pose de longues secondes jusqu’à ce que l’obscurité se fasse à nouveau. Puis elles reprennent leur course.

Ce n’est pas sans rappeler le jeu « 1, 2, 3… soleil ! »

Enfin, voilà.

Je pensais écrire un scénario au début, mais cela aurait été de nouvelles règles de composition et de mise en page. Il valait mieux que cette idée voit d’abord le jour sous forme de roman. Si le cœur m’en dit toujours, plus tard, j’écrirai une adaptation pour l’écran.

II. La planification

Après avoir passé grosso modo quatre années sur mon premier manuscrit, je me suis dit « un peu d’organisation pour les prochains, ce serait bien ». Un livre tous les quatre/cinq ans quand on a pour projet de devenir autrice… ça peut être long.

A lire : « Never have I ever » writer tag

Donc, cette année, j’ai commencé par choisir un support, avant de mettre en place un planning.

Choisir un support

Cela ne se limite pas au support sur lequel on écrit.

Il faut aussi penser au travail en amont de l’écriture. Où seront vos prises de notes de recherche ? Où seront vos fiches personnages ?

PHYSIQUE

Le Prénom de Morphée, mon premier manuscrit, fut long et empli de feuilles volantes. Les feuilles volantes offrent une grande liberté de rangement et de classement si elles sont datées. Sinon ça devient difficile de s’y retrouver.

Pour ne pas revivre cette expérience, et ne pas me retrouver avec des centaines de pages volantes, j’ai consacré à mon second projet un grand cahier rien que pour lui.

J’écris tout à l’intérieur. Il y a les débuts du projets, les idées en vrac, les notes de recherches, et les sites internet auxquels me référer. J’y ai aussi collé les plans de la propriété où se déroulera l’histoire.

NUMERIQUE

Les tableaux Excel ne m’attiraient pas comme aide d’écriture. Pour mon premier roman je n’en ai pas utilisé. C’est en lisant l’article « Comment créer un tableau des scènes pour son roman » que j’ai pris conscience de l’aide qu’ils pouvaient apporter, notamment dans la révision et la vérification de cohérence.

Les supports pour ce projet sont donc : un cahier, des feuilles blanches A4 (qui finissent collées dans le cahier), des tableaux Excel, et le traitement de texte Word.

Faire un planning

Posez vous des deadlines mais ne vous mettez pas la pression. Un planning peut évoluer. C’est la chose à garder en tête : se faire un planning et se poser des deadlines, c’est bien, et ça peut évoluer.

Preuves :

14 janvier 2020, j’avais préparé l’écriture de mon roman de la façon suivante : Recherches jusqu’au 15 avril et esquisses des personnages jusqu’au 30 juin.

Début avril, les recherches avaient été effectuées. Mon planning initial était trop étiré dans le temps. A ce rythme, sachant que je n’avais pas encore prévue l’écriture du synopsis, je terminais en 2023.

Nouvelles deadlines : 15 Avril – les fiches détaillées des lieux et des personnages sont faites. Le 30 j’ai terminé le déroulement des évènements.

La première deadline avait été tenue. J’étais dans les temps. Puis il y a eu la masterclass d’écriture dont je vous ai parlé plus haut. Elle durait deux heures. Pas long, mais utile car m’a permis de remettre certains points en perspective.

J’aurais pu me dire : « J’ai dit que je commencerai le premier mai. Tant pis la masterclass. Et puis, je n’en ai pas vraiment besoin. J’ai déjà l’idée, je connais la fin – il y a des éléments flous, mais ça s’éclaircira en écrivant ».

Heureusement, je n’ai pas fait ça.

Voyez-vous, après avoir suivi les leçons, je me suis repenchée sur le déroulement de mon intrigue. Et je me suis rendu compte que des éléments étaient flous dans l’intrigue parce la réponse à cette question : « Est-ce que chaque personnage à un objectif ? » était non.

Cela aurait été bête de se lancer dans l’écriture alors que je savais qu’il me manquait de la matière.

Pour reprendre le planning, ma deadline la plus proche est le 17 mai. Date à laquelle je dois avoir retravaillé les objectifs et motivations de mes personnages et fait le déroulement (provisoire) des chapitres.

Après… on verra. Premier jet, si tout va bien, mais commençons par atteindre le 17.

III. Les recherches et les fiches

Les recherches

Le problème des recherches, c’est le moment où il faut les faire. Avant l’écriture du premier jet ? Pendant ? Après ? Tout dépend aussi du niveau de connaissance que vous possédez sur le sujet que vous souhaitez aborder, et du niveau de connaissance dont vous aurez besoin.

Faire des recherches pendant l’écriture est un grand non pour moi. L’écriture du premier jet ne doit pas être interrompu par des recherches. Si une information est manquante ou à vérifier, utilisez la technique des crochets.

Ex : Elle ne pouvait pas croire que la tour montait à [X mètres] d’altitude. Une fois au dernier étage ils seraient dans la [stratosphère?].

Lors de la phase de révision et de correction, il y aura toujours une information manquante ou nécessitant d’être vérifiée. J’ai donc organisé mes recherches en deux temps :

  1. Vue d’ensemble : recherche sur les thèmes principaux du roman. Lectures d’articles (pages Wikipédia, sites de châteaux) et prise de notes – en prenant soin de marquer les sources les plus intéressantes afin de ne pas les perdre. Ce premier temps permet d’entrer en contact avec le ou les thèmes qui seront dans le roman. Ici la danse, les châteaux, le système solaire.
  2. Précision : recherche des données manquantes après l’écriture. Je trouve que ce deuxième temps est plus facile. On sait quelle information nous manque et parmi les ressources mises de côté dans le premier temps il sera possible de creuser davantage un point.

*exemple pas ouf, je vous l’accorde, mais je n’ai pas réussi à trouver autre chose.

Les fiches détaillées

Les fiches sont des éléments utiles et non-négligeables lorsqu’on écrit. Elles rassemblent en un lieu toutes les informations sur un personnage, un lieu, ou un système présent dans notre histoire.

Des articles sortiront dans le mois pour vous présenter en détail comment j’ai fait les fiches pour le(s) lieu(x), la magie, et les personnages.

Et après : le premier jet

Comme écrit dans mon cahier : « premier jet – fast and ugly and efficient ». C’est à dire « rapide, laid, et efficace ». Le rôle de ce premier jet est avant tout d’exister.

A lire : Surmonter les blocages qui empêchent d’écrire

Conseil : Si vous vous rendez compte d’une erreur de cohérence, ou que vous effectuez un changement important en cours de route, corrigez votre intrigue à mesure que vous écrivez. Ne reprenez pas depuis le toooout début. Continuez à écrire en prenant en compte les modifications.

Et après le premier jet :

Après le premier jet il y a encore à faire. Mais nous n’y sommes pas encore. Réécriture(s), vérification de la cohérence du déroulement de l’histoire et de l’évolution des personnages, orthographe, mise en page, recherche d’agent littéraire ou de maison d’édition… Tout cela viendra en temps voulu.

Merci d’avoir lu. J’espère que l’article vous aura intéressé et aidé à préparer votre roman.


Pin : "Ecrire un roman - l'importance de se préparer"

Est-ce que vous vous tenez à un planning strict et précis pour votre projet d’écriture ? Ou est-ce que vous y allez un plus au feeling ?

Salutations ! Je suis Axelle, étudiante passionnée de langues anciennes et de civilisations disparues, blogueuse littéraire créatrice et rédactrice de l'Alcôve aux histoires, et écrivaine aspirant à être publiée (auteure est un métier artistique, mais un métier quand même).

3 commentaires

  • Enirtourenef

    Le carnet, j’en ai un depuis… pfiooooo de longues années. Le lycée, je pense. Un Moleskine noir. Mais il ne doit pas avoir plus d’une cinquantaine de pages écrites (et encore !). Avec ce que j’ai écrit sur des feuilles volantes puisque je suis confinée sans lui, peut-être qu’on s’en rapproche. Mais 50 depuis… plus de 6-7 ans, c’est pas énorme. C’est que mes notes sont vraiment peu nombreuses. J’ai aussi des listes de prénoms et noms dans lesquelles je pioche, et des idées de vieux trucs dont je me servirais sans doute un jour. Des études plus que des notes, je pense. Les tableaux Excel, c’est trop pour moi ! J’aime aussi l’idée d’être un peu désorganisée x)

    Si ça peut t’aider pour la motivation, je me souviens plus si t’avais ou pas commenté mon article sur la motivation, mais j’y explique les différents types de motivation. Réfléchir à partir de ça pour tes personnages pourrait t’aider ! 🙂
    Quant à savoir si mes personnages y répondent… presque. Il y en a un qui a un objectif général (protéger la ville) mais pas d’objectif dans l’histoire.
    Mais, dans tous les cas, pour moi, un planning, c’est beaucoup trop. Je ne sais pas combien de chapitres aura mon roman, et mes chapitres ont des amplitudes hyper différentes les uns des autres. Donc je ne peux rien prédire. Écrire tous les jours me demande déjà un gros effort (surtout sans mes notes sous la main). Dans mes premières hypothèses, avant le confinement, je pensais pouvoir terminer fin-mai, ça me paraissait atteignable. Haha, la bonne blague. Avec le confinement j’ai écrit beaucoup plus, mais on est mi-mai et je ne suis même pas au tiers ! J’ai peut-être une chance de terminer en août, considérant que les choses iront plus vite quand j’aurais récupérer mes notes. Mais pour moi, un planning, ça me stresserait plus qu’autre chose. En plus, comme on en parlait l’autre fois, je fais mes recherches pendant que j’écris (il me faut LA teinte de la cape rouge) et ça, je ne peux pas prévoir le temps qu’elles me prennent. Du coup, une heure passée ne me fait pas écrire le même nombre de mots en fonction du temps que j’ai passé à chercher un terme technique, un prénom, une couleur, un synonyme que j’ai sur le bout de la langue et que j’arrive pas à trouver, les termes architecturaux (types d’escaliers, de pilastres, d’arches, etc. ?)

    Pour les fiches, j’en parlerai dans mon prochain article sur la manière dont je construis mes personnages (spoil : essentiellement des infos psychologiques).

    Au final, en te lisant, je me rends compte que je me prépare excessivement peu. En fait, je ne me prends pas la tête : j’écris. Mon idée, je n’ai depuis plusieurs années. C’est con, je mets pas de dates sur les pages de mon carnet, donc je peux pas dire quand est arrivée la première occurrence de mon personnage (je veux ni donner sa nature ni son nom par superstition, c’est un nom que je garde secret dans le roman et je me sens très bêtement mal à l’aise de le mettre ici (alors que les deux supports et discours n’ont rien à voir, mais passons !)). mais ça fait… bien 2-3 ans, facile, du coup je le connais suffisamment, du moins dans le fond de ce que je veux raconter. Aussi parce que j’avais sauvegardé mon brouillon et donc la citation (du Coran) que j’avais trouvée. Un éditeur me la fera peut-être enlever, mais elle dit ce que je veux dire : le personnage qui conditionne toute l’histoire, tout ce qui s’y déroule, qu’on ne voit jamais et dont on ne prononce le nom que tardivement, n’a en fait rien à voir avec tout ça. Mon intrigue est basée sur une fourberie. Tout n’est que supercherie. Une fois que j’ai bien en tête mon fond, mon fonctionnement, et comment je veux y parvenir, ça n’a pas trop d’importance si, en récupérant mes notes, je me rends compte que ma frise chronologique est pas top et que je dois l’améliorer. En fait, plus que l’histoire elle-même, et considérant que tout à déjà été écrit et qu’on ne peut rien inventer, c’est le fond, qui importe.

    Et puis c’est aussi qu’on a tous des fonctionnements différents et je trouve ça aussi super cool de voir comment les autres travaillent. C’est pour ça que j’aime beaucoup traîner sur le forum Jeunes Écrivains 🙂

    • Axelle Caneli

      Oui je me souviens : motivation intrinsèque et extrinsèque ^^

      Pour la partie des recherches j’ai pensé à toi xD parce que je sais du coup que tu dois faire tes recherches pendant que tu écris !
      Le planning après il bouge pas mal. Là j’avais dit au 17 je termine la planification totale du roman, sauf que je me rends compte, un peu comme toi, que je n’arrive pas à faire des résumés chapitre par chapitre parce que je ne sais pas combien de chapitres il y aura en tout. Ce que je vais faire du coup, c’est que je vais alterner entre écriture et « planification » du chapitre suivant (plus schéma des choses qui se passent grosso modo à l’intérieur). Mettre des deadlines me permet de voir que je progresse. Pour mon premier manuscrit je n’en ai mis que tard, ce qui fait qu’il y avait des périodes où j’avais l’impression de faire du sur-place.

      Oui c’est super intéressant de voir comment les autres travaillent; en fait, je pense qu’une des raisons pour lesquelles « j’aime » autant dater les documents, c’est que le fond de mes histoires (et de mes personnages) a tendance à changer. Surtout au début, quand c’est encore flou. Dans ce cas je trouve intéressant de pouvoir retracer le cheminement qui fait qu’on part d’un point A pour arriver à un point B.

      Merci pour ton commentaire, j’ai hâte de lire ton prochain article !

      • Enirtourenef

        Je sais plus si je l’avais dit dans l’article, je crois que si, mais les gens ont plutôt tendance à être motivé par de l’intrinsèque ou de l’extrinsèque, du coup ça peut t’aider un peu 😉 Tu me diras si ça t’as été utile ! 🙂

        Haha x) Mais le pire c’est qu’il y a des trucs que je cherche genre toutes les 30′ parce que je m’en souviens jamais. Genre le penne mobile et le penne dormant dans une serrure. Là, ça y est, ça commence à rentrer, mais ça fait genre 2-3 ans que je cherche ça à chaque fois que je parle d’une porte qui claque x)
        Oui, je comprends ça ! Perso, ce qui me permet de voir que j’avance, c’est que mon nombre de pages et de signes augmente x) Après, c’est à double-tranchant parce que j’étais à 67 pages quand j’ai décidé de passer mon interligne de 1pt à 1,15pts et là du coup j’ai gagné 10 pages, et du coup ça m’a mit paradoxalement le moral dans les chaussettes parce que j’ai eu l’impression d’avoir gagné 10 pages en trichant x) (alors que le nombre de « pages de romans », lui, ne change pas. Je suis presque à 50 000 mots donc à raison de pages à 300 mots j’en suis à à peu près 150.

        Oui, c’est vrai que quand je prends d’anciennes notes sur un même personnage je vois que des choses ont évoluées. Mais généralement je ne me lance pas dans un projet si c’est encore flou (sauf pour mes « juste-comme-ça-machins-choses » mais c’est différent !

        Haha c’est gentil ! 🙂 Je pense que je ferai l’article sur les personnages ce WE, quand j’aurais récupéré mes notes laissées dans ma ville de stage. Mais je vais peut-être pondre un article d’ici-là, sur la chance ^^’

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.