Scriptorium

Surmonter les blocages qui empêchent d’écrire

Après avoir identifié le « pourquoi » qui rend difficile l’écriture – à savoir les blocages comme la procrastination ou le perfectionnisme, il est temps de passer au « comment » : « comment surmonter ces blocages ? » et « comment se mettre à écrire ? ».

A lire : Pourquoi est-ce difficile d’écrire ?

Pin : "Scriptorium - Surmonter les blocages qui empêchent d'écrire : combattre la procrastination et le perfectionnisme."

Se mettre à écrire quand on est une rêveuse procrastinatrice

1. Définir un moment dédié à l’écriture

Avec des journées remplies, il est facile de remettre l’écriture à plus tard. On se dit qu’on va écrire le soir, après les cours. Puis en rentrant on est fatiguée : on écrira après la douche. Puis il y a les devoirs à faire, les leçons à réviser – bon, l’écriture attendra demain.

Mais, si on ne fait pas attention, « plus tard » devient « jamais ».

Personnellement, j’aime écrire le matin. Je traverse une période assez difficile donc la régularité n’est pas au rendez-vous, et j’écris au petit bonheur la chance, parfois le matin, parfois le soir. Mais en temps normal j’écris le matin. Le weekend j’ai tendance à me lever plus tard et donc ma plage horaire d’écriture est de 10h à 12h.

Choisissez un moment dans la semaine, dans votre journée, où votre attention sera portée sur l’écriture : le matin avant de prendre le petit-déjeuner, entre midi et deux, le soir avant d’aller vous coucher, etc.

2. Abandonner l’idée de perfection.

C’est bien d’avoir des attentes et des ambitions* pour son écriture, mais ne cherchez pas la perfection.

Dans l’article précédent, je disais qu’une des choses qui bloquait l’écriture était le perfectionnisme. Le problème du perfectionnisme, c’est que nous voulons que tout soit parfait tout de suite.

Et comme –spoiler– ça ne marche pas comme ça, et que faire des erreurs fait partie du processus, on préfère parfois ne pas écrire plutôt que voir quelque chose qui n’est pas à la hauteur de nos attentes.

Gardez également à l’esprit que dans le monde de l’écriture, et dans le monde en général, vous ne pourrez pas plaire à tout le monde. Que ce soit votre style ou le genre dans lequel vous écrivez, plaire à tout le monde est impossible.

Il n’y a pas de perfection, seulement une recherche d’amélioration constante afin que l’écrit soit au plus proche de la scène qu’on imagine.

*et je parle en tant que Serpentard.

3. Se débarrasser des distractions

Maintenant que vous avez défini un Moment Ecriture dans la semaine, et que vous avez abandonné votre perfectionnisme – je sais, c’est difficile. Je travaille encore sur ce point – il est temps de se débarrasser des distractions potentielles.

Si vous êtes à l’ordinateur, mettez la page en plein écran. Rien d’autre existe hormis cette page et ce curseur clignotant. Pas d’onglets internet ouvert. Une recherche à faire ? Plus tard. Pour le moment, votre objectif est d’aligner les mots les uns après les autres.

Si vous êtes Team Papier, prenez un stylo – celui qui écrit le mieux. Mettez votre portable loin de vous. Très loin. Et en silencieux. Nous ne voudrions pas qu’une notification brouille votre concentration, n’est-ce pas ?

Vous pouvez mettre une alarme qui sonnera la fin de la séance d’écriture – alarme que vous pouvez ignorer, bien évidemment, si vous êtes entrée dans La Zone™.

Dans les deux cas, avant de commencer, préparez-vous :

  • Passage aux toilettes
  • Boisson à portée de main (rester hydratée est important)
  • Vous pouvez aussi préparer un plateau de gâteaux – on ne voudrait pas mourir de faim.
  • Si vous écoutez de la musique en écrivant, préparez une playlist à l’avance.
A close shot of a typewriter with the quote 'giving up is not an option'

Impossible d’améliorer une page blanche

1. Les corrections sont bénéfiques

La procrastination et le perfectionnisme sont des blocages d’autant plus difficile à surmonter qu’ils sont étroitement liés. Comme dit dans un point précédent, il faut laisser tomber la recherche de la perfection. C’est difficile, et j’ai moi-même du mal à me lancer à cause de ça, mais c’est nécessaire. Apporter des corrections à son texte est bénéfique. Elles ne sont pas signe d’échec.

Ecrivez, même ce n’est pas bon, même si c’est grossier et que ça ne rend pas justice à la scène flamboyante que vous imaginez.

Ne passez pas quinze minutes à chercher The Mot Parfait pour décrire la teinte de rouge dont est fait la cape de votre protagoniste. Ecrivez simplement que sa cape est rouge. Lorsque vous réviserez le texte, vous pourrez vous attarder sur les détails.

Pour l’instant, il faut écrire. On ne peut pas améliorer une page blanche.

Il y a cette citation, trouvée sur Pinterest, que j’aime beaucoup :

« I’m writing a first draft and reminding myself that I’m simply shovelling sand into a box so that later I can build castles. »

Shannon Hale

L’écriture est un travail de construction. On ne commence pas une maison en peignant les murs. On commence par les fondations.

2. Ouvrir le robinet

« Je ne sais pas quoi écrire »

J’ai longtemps attendu et compté sur l’inspiration. Mais l’inspiration est capricieuse. Elle se manifeste de façon imprévisible. Elle ne vient pas le weekend lorsqu’on a rien à faire – non, ce serait trop facile – elle vient au milieu de semaine lorsque vous devez travailler ou aller en cours.

« Start writing no matter what. The water does not flow until the faucet is turned on. »

Louis L’Amour

J’aime cette citation – également trouvée sur Pinterest – car elle est terriblement logique. Il ne s’agit pas d’attendre l’inspiration, mais de la provoquer, d’allumer l’étincelle en commençant à écrire même si on ne sait pas quoi écrire.

Il y en a une autre du même style :

« When I’m writing, I write. And then it’s as if the muse is convinced that I’m serious and says ‘Okay. Okay. I’ll come.' »

Maya Angelou

Vous ne savez pas quoi écrire ?

Ecrivez-le.

Ecrivez : « Je ne sais pas quoi écrire et ça me frustre » ou « Je suis assise à mon bureau, il y a une lampe jaune à ma gauche » ou encore « dans la scène que j’imagine il y a [personnage] qui fait [action] dans [lieu]. »

Article lié : Trouver une idée de roman

Plus tôt que vous ne le pensez, votre Muse, votre inspiration, vous aura rejoint et vous serez en train d’écrire.

Et si rien de tout cela ne marche et que vous êtes encore bloquée, faites une pause. Déconnectez-vous de l’écriture pendant quelques heures, pendant quelques jours, puis revenez.

En résumé

Pour surmonter les blocages qui empêchent d’écrire, il faut : définir un moment dans la semaine où on sera concentrée uniquement sur l’écriture, et se lancer; mettre de côté son perfectionnisme, son œil critique, et ses doutes, et écrire écrire écrire.

Pin : "Comment se mettre à écrire ? Combattre la procrastination et le perfectionnisme."

Et vous, quelles sont vos techniques pour surmonter vos blocages et vous mettre à écrire ?

Salutations ! Je suis Axelle, étudiante en Lettres Classiques, blogueuse littéraire créatrice et rédactrice de l'Alcôve aux histoires. Rêve et objectif : devenir autrice et vivre de ma plume.

4 commentaires

  • Enirtourenef

    Pour moi il est impossible d’écrire sans internet ! Jamais ! J’ai besoin de mener mes recherches, genre, vraiment. Déjà, je suis vraiment peu spontanée au niveau des mots et j’ai toujours un mot sur le bout de la langue que je ne retrouve pas et donc il me faut passer par un synonyme pour lui mettre la main dessus. Après, j’ai toujours besoin d’une petite info genre types de fenêtres, types d’ouvertures de fenêtres, types de couronnes, vitesse d’un cheval, nom d’un vêtement ou d’un détail sur un vêtement. Hier, j’ai cherché des types de céramiques grecques parce que j’avais besoin du nom d’un vase que je voyais très bien dans ma tête mais impossible de dire c’était quoi son nom ! J’ai BESOIN d’internet ! Par contre, je fais les choses bien : mes onglets de recherche sont sur une fenêtre différente de mes onglets autres (mails, sites divers…). En fait, j’ai besoin d’avoir un texte suffisamment abouti dès le début (donc oui, je passe du temps à chercher la teinte rouge de la cape xD) pour pouvoir ensuite à la relecture savoir exactement ce que j’avais dans la tête au moment où j’ai écrit et pouvoir corriger au mieux. Le désherbage, je le fais avant d’écrire, quand je pense à la prochaine scène.

    Je dirais que tu as raison : il faut simplement se lancer. L’inspiration a besoin de se sentir désirée pour venir, donc il faut lui courir après haha x) Ça fera l’objet de mon prochain article « journal d’écriture », sans doute à la fin du mois, mais me mettre à écrire tous les jours m’a beaucoup aidée sur ce point.

    Je crois que, en plus de perfectionnisme, il faut aussi abandonner l’idée du talent. Le talent, ça se travaille. Mozart a appris à jouer du piano, il a perfectionné sans cesse son savoir. C’était un travailleur. Le travail paie, le talent n’existe pas.

    • Axelle Caneli

      C’est vraiment chouette cette organisation que tu as avec internet (j’admets avoir été surprise); mais je vois ce que tu veux dire pour le fait d’avoir besoin de « savoir exactement ce que j’avais en tête au moment où j’ai écrit » – dans mon cas, si par exemple je n’ai pas le mot exact pour la teinte de rouge de la cape x), je vais écrire « sa cape était rouge, je ne vois pas bien la couleur, mais c’est comme du velours mouillé ou du sang etc » – j’aurais tendance à décrire la chose pour ensuite trouver le mot auquel il correspond lors de la relecture. C’est drôle comme le processus d’écriture varie d’une personne à l’autre x)

      Oui il faut pourchassé l’inspiration xD
      J’ai hâte de lire cet article ! Il faudra que je fasse un tour sur ton blog 😉

      Tu as raison : l’idée du talent est traîtresse – « soit on l’a soit on ne l’a pas ». Ce qui peut être franchement décourageant 🙁 Comme tu dis « le travail paie, le talent n’existe pas »; une personne peut bien avoir de grandes facilités, un « talent », pour la musique, si elle ne travaille pas elle ne progressera pas.

      • Enirtourenef

        Surprise qu’on puisse écrire avec internet sans se retrouver à zieuter sur tous pleins de sites qui n’ont rien à voir, tu veux dire ? 😛
        C’est intéressant comme méthode, j’avais jamais entendu parler de quelqu’un qui fonctionnait comme ça ! Je pense que j’y arriverais pas, car ça me sortirait de l’écriture de décrire ce que je veux.

        Plus que la pourchasser je dirais qu’il faut l’amadouer !
        C’est quand tu veux haha x) J’ai déjà publié un journal d’écriture si ça t’intéresse 🙂

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